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Le secours pourra-t-il rester gratuit ?

La genèse du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) commence en 1956, au lendemain de l'affaire Vincendon et Henry. Les "Adam et Eve" fondateurs bien malgré eux de ce qui allait devenir une institution dans le milieu alpin. Des secouristes professionnels doublés d'officiers de police judiciaire aptes à enquêter sur les circonstances des accidents en haute montagne. Secours.JPGJusqu'à ce tragique événement, le secours dans le massif du Mont-Blanc se partageait entre les guides de la Compagnie de Chamonix (historiquement les premiers à avoir pratiqué le secours en montagne), l'École nationale de ski et d'alpinisme (Ensa), l'École militaire de haute montagne (EMHM, à l'époque EHM) et, dès 1955, le Centre national d'entraînement à l'alpinisme et au ski (Cneas) des CRS ; tous réunis au sein de la Société chamoniarde de secours en montagne (la Chamoniarde). Une forme de tour de rôle basé sur la bonne volonté de chacun. La tragédie des deux alpinistes Vincendon et Henry marqua la fin de cette époque de "secours solidaire" selon certains, "d'auto-secours" pour les autres.
«Ce secours, on l'avait raté», admet Honoré Bonnet, l'un des protagonistes de cette tentative malheureuse, dans le livre de Blaise Agresti (In extremis, éd. Guérin). De cet échec cuisant, naquirent le Groupe, puis le Peloton spécialisé de haute montagne (GSHM puis PSHM) en 1958, qui deviendra le PGHM de Chamonix en 1972 ; un service public.
Depuis cette époque fondatrice, la montagne a connu sa mutation du changement de millénaire. La montagne terre d'aventure totale devient terrain de jeu magnifique. Un changement dans le comportement des amateurs de cimes dû en partie à la promptitude des interventions héliportées et de l'avènement du téléphone portable. Il serait pourtant trop simple de penser que cette recrudescence de la fréquentation des sommets est le gage du maintien du PGHM sur les secours. La recrudescence des accidents nécessitant (réellement ou pas) l'intervention des sauveteurs irait plutôt contre cette forme de secours, dans la mesure où celui-ci est gratuit pour les victimes.

Cette dernière donnée, découlant du délit de "non-assistance à personne en danger" et donc de l'obligation de porter secours sans considération pour la notion du coût d'une intervention, hérisse de plus en plus de monde, aussi bien dans les hautes sphères politiques que chez les élus locaux. Et la notion de secours payant, comme chez nos voisins suisses, d'entrer dans la danse. Une polémique étouffée par Nicolas Sarkozy en février 2006, mais dont les braises couvent toujours.
Si le feu reprenait, il n'y aurait plus aucun frein à l'installation de sociétés privées de secours, à la concurrence sur les massifs ou au travers des primes d'assurance et probablement à des dérives en matière de sécurité. Pour pallier ce risque, les secouristes continuent de prodiguer des conseils de prudence, de connaissance du milieu et de ses capacités... Mais rien n'y fait. Le jardin d'altitude attire les amateurs de jeux excitants, oublieux des dangers objectifs inhérents à la montagne.
La faute à qui ? Il serait trop simpliste de désigner un bouc émissaire. Toujours est-il que les vallées du Mont-Blanc vivent de plus en plus au bruit des hélicoptères.

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