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Récits

Un groupe au rassemblement Oisans 2007

Samedi 7/7 : Tous les 15 participants sont à La Bérarde. Le lendemain, c'est à Chantal Detry, organisatrice efficace du rassemblement et à l'écoute de chacun, que revient la délicate tâche de former les groupes et de désigner les guides.
image001.pngAu sein du mien, dès le départ règne une excellente entente. Je me retrouve avec Marie Fornasari, habituée aux stages montagnes UCPA, avec Stéphane Focant sans expérience alpine mais très bon grimpeur en falaises et enfin Pascal Laborie dont c'est la seconde participation au rassemblement.
Notre guide pour cinq journées : Raymond Peru de Vallouise.

Dimanche 8/7 :image003.png
Montée au Refuge de la Pilatte.
Lundi 9/7
:
Météo épouvantable : à 5h00, tout est bouché, il pleut...
Qu'à cela ne tienne, Nous profitons d'une brève accalmie pour sortir du refuge et nous diriger vers le Gioberney (3352m) sans autre prétention que de l'atteindre par sa voie normale étant donné les circonstances météo: pluie et neige, épais brouillard, bref des conditions quasi hivernales image008.jpgqui laisseront beaucoup d'amateurs au refuge.
Deux heures et vingt-cinq minutes après notre départ, le sommet est atteint.image005.png
A la descente, dans un névé, nous aurons droit à un petit cours sur le « corps mort ». Le guide prend son temps...









Mardi 10/7
: Vers 5h00, temps encore complètement bouché. Nous partons néanmoins avec l'intention de faire la pointe des Bœufs Rouges (3515m). Sans trace et sans visibilité, pas facile de trouver le bon chemin sur le vaste glacier de la Pilatte. Raymond tire trop à droite, ce qui nous amène dans un terrain glaciaire plutôt raide avec une jolie traversée vers... la gauche ! Belle leçon de cramponnage.
Vers 8h, nous sommes récompensés de notre optimisme: le plafond s'élève lentement et laisse apparaître un à un les sommets alentours avec d'abord les Bans, le seigneur des lieux. Féerique ! Nous parvenons au Col de la Condamine (3422m) sous un ciel d'azur mais le froid reste très vif. Après, le terrain se raidit. Un ressaut rocheux très enneigé est franchi avec crampons en tirant des longueurs. Plus loin, ce qui devait être un sentier de crête est devenu, vu les chutes de neige abondantes, une arête cornichée infranchissable. Raymond décide dès lors le retour express, afin de « shunter » l'arête et de retrouver plus vite le Col. Le guide m'envoie dans une forte pente de neige; ça passe bien, les autres suivent sans encombres... Bel exercice.
Au refuge, j'entends encore Raymond dire à ses collègues : «Quel est ce ...**... qui a tiré cette trace à droite dans le glacier ? » !

Jeudi 12/7 : image011.pngNous profitons d'une journée sans guide pour gravir, à partir du Hameau des Etages (1595m),image010.gif la voie normale de la Dibona (3130m), petite course au rapport marche d'approche / escalade absolument défavorable : 1500m de dénivelée pour à peine 100m de grimpe. Q'importe : une excellente journée qui permet de constater une fois de plus que le groupe est bien soudé, et que la bonne humeur est au rendez-vous. Annie Triffet s'est jointe à nous. L'occasion de se rendre compte que sans guide, la recherche de l'itinéraire d'approche (celui des cairns) n'est pas automatique : il faut observer, repérer, décider..., que la pose de rappels peut être délicate..., enfin que tout « abandonner » (sac, piolet ...) à la brèche Gunneng n'est pas forcément la meilleure solution : que faire si on prend froid là-haut?

Samedi 14/7 et dimanche 15/07 :
image014.jpgDirection l'Ailefroide Orientale (3847m) au départ du refuge du Sélé. Grand beau. Mon dieu que la course est longue, mais loin d'être monotone. Preuves : le passage des vires rocheuses exposées et la montée raide avec crampons sur « la banane », cette bande de neige sommitale incurvée... Au sommet, une vue à couper le souffle sur les pics alentours: la Barre des Ecrins, le glacier suspendu de l'Ailefroide centrale, l'arête mythique de Coste Rouge et au loin le Mont Blanc. Pas de doute, nous sommes bien sur un des grands sommets du Massif. 1331 m de dénivelée depuis le refuge du Sélé, ça fatigue. Cette course je la voulais. Je suis content.

Lundi 16/07 : Journée de repos ? Pas vraiment. Raymond nous emmène au Refuge du Glacier Blanc où je pensais passer un après-midi cool.
image016.gifimage017.png
« Préparez vos crampons, vos casques, piolets et baudriers..., départ 13h00... ». Une petite demi-heure de marche ascendante et nous voilà au cœur de la partie tourmentée du Glacier Blanc : trois heures d'école de glace dans les séracs. Au menu : passage d'un petit mur de glace avec deux piolets, progression classique : piolet canne, rampe, appui..., pose de broches et installation d'un Abalakov, mouflage simple, si simple ?
Finalement, un après-midi ludique et instructif. Merci Raymond !

Mardi 17/07 : Le guide nous propose les « Dômes du Monêtier « (3479m).
Ici, je me permets - poliment - de décliner la proposition, car je pense que le groupe souhaite quelque chose de plus technique, en dehors de toutes considérations esthétiques. Raymond propose alors Le Pic du Glacier Blanc (3527m) par l'arête Sud, AD. Excellente idée. Lever 4h00. Ambiance au début de la voie où le vent souffle en rafales. Deux longueurs en IV où Raymond prend la tête. Ensuite, Marie et moi, comme pour les autres courses, formons une cordée volante derrière le guide. Motivant.

image020.jpgPas moyen de s'ennuyer dans ce genre d'ascension tant le terrain est varié : arête effilée, petits murs, rappel dans une première brèche, désescalade délicate dans une seconde... Ici, c'est le royaume de l'assurance sur sangles et becquets.
Descente par la voie normale. Enseignements pour image022.gifcette course : un demi-cabestan coulisse parfois mal (Raymond). Un shunt mal placé (Pascal), ça met de mauvaise humeur le guide. Idem pour un rappel avec huit : vaut mieux savoir si on est droitier ou gaucher (Pierre). Un caillou, ça peut tomber, mieux vaut le regarder dans sa chute et le cas échéant, esquiver (Marie). Grimper en grosses, c'est pas pareil qu'en chaussons (Stéphane). Une descente en ramasse, ça se contrôle (Pascal)....
Bref, 10 jours de montagne intensive pour 8028 m de dénivelée... !

Pierre Massart.