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Sierre Zinal: la récidive

La semaine qui précède, les conditions météorologiques sont dantesques: il neige à 1800 m, coulée de boue, affaissement de terrain... vers quelle galère roulons-nous? Le moral reste au beau fixe, les prévisions sont bonnes pour dimanche.

Déjà une belle animation à Sierre le samedi après-midi lorsque nous allons chercher nos dossarts : grande affluence aux terrasses, un orchestre, quelques échoppes, une exposition de photos, de récits..., bref, une bonne imprégnation de l'ambiance course.


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Le soleil est bien présent, le ciel dégagé, vue sur les sommets de la couronne de Zinal, quelle magie, quel émerveillement sans cesse renouvelé par de tels paysages.


Dimanche 9h00. Neuf cents concurrents environ au départ (585m). La température est fraîche mais le soleil est bien au rendez-vous. Le premier kilomètre de bitume est avalé sans difficulté puis nous retrouvons ce fameux chemin qui grimpe, grimpe, grimpe encore. Certains s'imaginent peut-être que la vue s'arrête aux mollets du coureur qui précède... Bien sûr, la pente est raide, le chemin est étroit, au début en majorité dans les bois mais de temps en temps les arbres nous laissent entrevoir un paysage extraordinaire.


Premier ravitaillement – Beauregard (1146m) – la pente se redresse encore. Je marche, Hubert à mes côtés, petits chemins de montagne très souples grâce aux aiguilles de sapin mais parfois entrecoupés de hautes marches qui cassent le rythme.


Deuxième ravitaillement – Ponchette (1870m) – la pente se couche un peu, les jambes sont bonnes, nous trottinons. Les 4000 se montrent dans toute leur splendeur : le Cervin, le Weisshorn, l'Obergabelorn, le Zinalrothorn, la Dent Blanche. Le ciel est bien dégagé, les sommets enneigés, c’est magnifique. Nous traversons des alpages puis une petite descente vers Chandolin (2000m). Ravitaillement bienvenu, encouragements de Jean-Benoît, notre chauffeur. Nous sommes à 50 % de notre effort. Ca monte encore mais la pente est moins forte. C’est maintenant que l’on voit ce qu’il reste dans les jambes. Je trottine et dépasse de nombreux participants qui ne parviennent plus à relancer.


Tignousa (2180m), le chemin des planètes et le petit pont... où le photographe n’est pas au rendez-vous cette année. L’hôtel Weisshorn (2387m) encore une petite côte et j’arrive enfin au point culminant du parcours (2425m). Le décor est toujours magnifique, par moment je peux quitter le sol des yeux et admirer ces montagnes prestigieuses.


zinal2.jpeg Une traversée horizontale, des passages techniques, cailloux ou grosses pierres à enjamber, il faut être attentif, dépasser est très difficile. Malgré les pluies des jours précédents, le sol n'est pas trop glissant. Je me sens bien, j’assure mes appuis, je reprends encore quelques places. Les randonneurs nous encouragent « hop, hop » ! Je reconnais la prairie, le ruisseau, le chemin, le tunnel, la route...

500 m, Jean-Luc est au bord de la route, il a terminé, il m’encourage. Je suis sur un nuage, des émotions intenses m’envahissent...

300 m, j'entends le commentateur à l’arrivée...


200 m, j'accélère encore, le virage...

100 m, la ligne... Jean-Benoît... sourire pour la photo et devant moi, là au bout, les montagnes sont témoins de ma joie, des sensations fabuleuses, des instants d'émotion intense difficiles à expliquer... Hubert puis André arrivent à leur tour.



Douche, repas, retour en Belgique.

Lundi 7h00, je travaille. J'ai des images dans les yeux, des souvenirs dans la tête. Quel week-end extraordinaire ! Quelle montagne magnifique nous avons eu l’occasion d’admirer !

Christiane, André, Hubert, Jean-Luc