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Récits

Ascension du Pollux

Olivier Cellière Descente par la face Ouest du PolluxDimanche debout à 4h, départ 5h30 direction le Pollux (4092m). La veille, je me demandais quel allait être mon état de forme et je n'étais pas certain de pouvoir y monter, mais dès les 1er pas sur le glacier j'ai bien vite réalisé que ça allait aller, j'étais malgré tout en forme! Il faut savoir qu'on était huit copains divisés en 3 cordées. Une 1ère avec deux amis qui habitent en Suisse, Bastien et Jean-Félix. La deuxième avec mon collègue Benoît, Jean-François et Vincent. Et puis nous, Pomy, Olivier et moi.

 

 

Une fois arrivé au pied du Pollux, j'ai demandé:"Alors qui est ce qui est partant pour y polluxmonter?" Pomy et Oli étaient ok, par contre la cordée de Jean-François ne le sentait pas. Ils ont donc continuez un peu plus loin pour attaquer un sommet semble-t-il plus facile, la Roccia Nerra. J'ai su par après qu'ils avaient fait demi-tour à une dizaine de mètre du sommet. Benoît et Jef avaient des cloches aux pieds. On se qui concerne Bastien et Jean-Félix (les deux jeunes de la bande) ils ne nous ont pas attendu et étaient déjà sur l'arête du Pollux.
On commence donc à monter les 1ères pentes du Pollux, par l'arête sud-ouest. C'est une arête en mixte (rocher et neige).

Une fois arrivé au 1/3 de celle-ci on croise Bastien et Jean-Félix qui font demi-tour. C'est la 1ère fois que Jean-Félix fait de la haute montagne et il a un peu de mal à passer les passage en rocher avec la pente et le vide de chaque coté. Je pense qu'ils ont eu raison car la suite allait encore être plus délicate.
A la moitié de l'arête, on se retrouve bloqué par une cordée de 3 qui n'avance plus. Ca fait au moins 15min qu'on est a l'arrêt. Les gars devant n'ont pas du tout l'air sûr d'eux et hésitent. On commence à avoir froid, surtout les pieds! Je décide de les dépasser en descendant sur la pente enneigée et en les contournant par la droite. Je demande l'avis d'Oli et de Pomy et ils me disent que c'est à moi de décider, je suis le 1er de cordée. Bon ok j'essaie, je pose un pied sur la neige dans la pente et ça va, elle a l'air assez portante. je continue donc en m'accrochant avec une main sur le rocher devant moi et l'autre sur mon piolet enfoncé dans la neige. Oli me suit corde tendue et Pomy ferme la marche. Ok ça y est, on est devant eux! On a passé le bouchon! La cordée qui était derrière nous suivent en empruntant le même chemin.

Arête sommitale du PolluxOn arrive au 2/3 de l'arête, et c'est là que ça se complique. On est face à une dalle de 3, 4m de haut équipée de chaîne qu'il faut gravir crampons aux pieds. On a de nouveau rattraper une cordée qui bouchonne devant nous. Il faut encore attendre... Le passage se libère enfin et c'est à mon tour de grimper. Ca va, c'est moins compliqué que ça en avait l'air. Je passe cette dalle en m'accrochant à la chaîne avec une dégaine au cas ou et je continue à monter. J'arrive dans une espèce de cheminée en glace et rocher d'où j'assure Oli, puis Pomy. A cet endroit, une cordée qui était devant nous décide de faire demi-tour et installe un rappel. Ils se font traiter de tout les noms par les Italiens qui nous suivent. On ne fait de pas de rappel quand d'autres sont en train de monter! En plus avec leur corde, ils accrochent mes bâtons fixés à mon sac et les font tomber dans le couloir. Les Italiens se les ramassent sur la tête et sont encore plus furax, adieux mes Bâtons! On continue à monter en s'assurant l'un l'autre jusqu'à arriver sur un promontoire ou se trouve la statue d'une vierge. Le plus difficile est fait!
A cet endroit, Oli voyant les nuages, commence à douter et veut redescendre. Pomy hésite. Après 10min de discussion, j'arrive a les convaincre de continuer, il ne reste plus que 15min pour atteindre le sommet sur une arête de neige. Ce serait bête de redescendre si près du but. On continue et 15min après on est au sommet! Il est 8h15, on a tous le sourire et on est content de nous. Il ne reste plus qu'à descendre.

Une fois revenu près de la sainte-vierge au pied de l'arête sommitale, on décide de
Passage délicatsdescendre par la face ouest. Une pente de neige de 40° à 50° qui descend en ligne droite sur le glacier. Une petite heure plus tard après avoir passé la rimaye, on est enfin sur le glacier. Il ne nous reste plus qu'à rejoindre les autres qui sont en route vers les remontées mécaniques pour rejoindre Zermatt.

Il nous reste encore environ 5km de marche à faire sur le glacier, dans de la neige qui devient de plus en plus mole sous l'action du soleil qui est revenu. C'est vers 13h30 qu'on arrive enfin au téléphérique non sans mal. Ma cheville que je m'étais foulée il y a 1mois me fait à nouveau mal. On est tous fatigué, mais heureux. Arrivé à Zermatt, c'est bière et repos pour fêter le bon déroulement de notre séjour. On fini la soirée Pomy et moi dans un bar en regardant le match Espagne-Italie, au lit vers 1h30 du mat et retour le lendemain vers la Belgique.

Voilà comment c'est déroulé notre court séjour dans le massif du Mont -Rose, vivement notre prochaine sortie...
Jonathan Pomes alias Pomy

 

 

 

 

 

Denis Bertrand.