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Récits

La Sage (Suisse) février 2008

Un gros rocher, une croix, l'endroit idéal pour la deuxième pause. Le groupe se reconstitue. Chacun apprécie la vue. Le Weisshorn apparaît avec son gendarme caractéristique. Une arête rocheuse apparaît doucement en arrière-plan: le Cervin dans toute sa splendeur. C'est grandiose!

Nous poursuivons vers le sommet, chacun à son rythme et chacun à son tour nous y parvenons: une petite arête rocheuse nous conduit au cairn. Belles émotions. Vues magnifiques. Soleil généreux, ciel bleu, grand beau ! Un couple suisse a monté le réchaud, la fondue, ils partagent leur repas: jamais fondue ne m'a paru aussi bonne!

Il faut cependant quitter ces lieux enchanteurs. Descente en une heure vers les voitures dans une bonne neige.

Nous découvrons ensuite « le Grand Hôtel de La Sage », style début vingtième siècle, havre de paix, confort, souper aux chandelles, ambiance...

 

Une bonne nuit, un excellent petit déjeuner et nous voilà à nouveau sur nos skis. Objectif de ce dimanche: le mont Etoile -3328m- soit environ 1600 mètres de dénivelé. C'est du sérieux !

Au départ du lieu-dit « la Gouille », nous cheminons à travers bois. Un sentier entre les sapins, la neige est bien dure, les couteaux sont utiles. La progression est technique.

Nous longeons le lac Bleu partiellement couvert de neige et de glace, poursuivons puis arrivons dans les alpages. Christian repère un gros caillou et propose une première pause. Certains organismes sont un peu entamés... Bernadette et Marianne préfèrent ne pas poursuivre. Elles vont profiter du soleil qui arrive doucement et du paysage déjà magnifique à cet endroit.

La pente est régulière, la neige se transforme, les peaux accrochent mieux. Nous admirons l'agilité d'un chamois dans une barre rocheuse. Le vallon s'élargit, nous serons bientôt sur un plateau où les traces quittent celles qui se dirigent vers la pointe de Vouasson. Le refuge des Aiguilles Rouges nous domine un moment.

Marc choisit une crête quasi vierge de trace. Il faut remonter le long de la crête, la neige botte, il faut faire la trace mais quelle magie d'évoluer tel un funambule sur le fil de cette arête.

Suivent quelques « z » où nous peaufinons notre technique des conversions en montée, puis une longue traversée dans une neige humide, lourde.

Enfin nous atteignons l'arête rocheuse. Il faut déchausser et continuer à pied. Un terrain schisteux, une centaine de mètres et nous atteignons le cairn... mais ce n'est pas le bon !! Le sommet est plus loin encore ! Pour l'atteindre, il nous faudra parcourir une arête effilée à souhait, en schiste friable parfois dissimulée sous un bouchon neigeux. Le vide est bien présent, pas le droit à l'erreur. Je m'y engage prudemment, parfois à califourchon. Un peu d'adrénaline et j'arrive enfin à ce cairn. 3242 m à l'altimètre. Je crie ma joie. Marc me rejoint... Que d'émotions dans cette étreinte ! Courte pause pour admirer le paysage à 360 degrés ; que du bonheur. Quelques minutes inoubliables dans ce lieu magique.

Retour le long de l'arête, nous retrouvons Christian, nos skis et entamons la descente. La fatigue de la montée, le stress de l'arête, la qualité médiocre de la neige... Le retour sera un peu plus difficile mais nous garderons un souvenir inoubliable de l'ambiance de cette journée... qui, après une douche réparatrice, se terminera par un excellent souper aux chandelles dans notre hôtel si accueillant.

 

Troisième jour, troisième vallon... Nous restons sur le même flanc de la montagne: de l'autre côté, la neige a disparu sous l'effet du soleil. Nous démarrons d'Arolla, direction le col des Ignes -3200m- encore un bon 1000 mètres à monter.

Départ à l'ombre à nouveau, neige dure, les couteaux sécurisent. Après une bonne heure, nous atteignons un plateau bien dégagé au soleil. La terrasse d'un magnifique chalet en bois nous invite à une halte, nous pouvons y admirer notre montagne d'hier.

Ensuite, un long vallon en pente douce, le vent s'y engouffre, il fait plus frais. L'orientation change, nous sommes à l'ombre. Quelques « z », de belles conversions parfois techniques. En montant nous rejoignons peu à peu le soleil, sa lumière crée un effet magique sur la neige: on croirait des milliers de brillants.

Puis le col, la vue s'ouvre sur l'autre versant, on y devine le refuge des Dix au pied du Mont Blanc de Cheilon. Nous nous régalons de ce paysage avant d'entamer la descente dans une neige poudreuse à souhait. Retour aux voitures vers 14 h. Ce soir, le souper se déroulera loin des chandelles, le long de l'autoroute ; le charme n'y est plus mais nous avons fait le plein d'images, d'émotions, d'amitié aussi.

Week-end 100 % réussi. Merci Yves, Christian et les autres mais aussi au soleil d'avoir répondu présent, à la montagne. Quel pays extraordinaire, nous y reviendrons bientôt.

 

 

 

Christiane Blaise Bernadette, Marianne, Christiane, Christian, Marc, Didier

 

La Sage (Suisse) février 2008