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Quentin DelavignetteComme chaque année Quentin Delavignette guide de haute montagne U.I.A.G.M. nous propose, pour cet hiver une série de stages.
Vous trouverez ici toutes ses propositions.

Animateur SNEPré-requis : membre du CAB (cotisation « membre alpin »), grimper en tête en falaise depuis au moins 2 ans dans le niveau 4c/5a minimum et maîtriser les bases de l'escalade en tête (emploi de la corde simple, moulinette, relais, rappel, etc.)
Remarques : Celui qui grimpe déjà en second et veut commencer à grimper en tête en falaise doit plutôt suivre le stage du 15 août en précisant qu’il désire apprendre les techniques de base du 1er de cordée.
Voir tous les détails dans la rubrique Infos/Stages/Treks

Les cinq ânes

Le « mérinos », dernier vers l’aval des rochers de Freyr,  domine la Meuse en face du château. Contre lui, tel un 5ANES002.png frère Siamois, s’applique un autre rocher qui l’égale en hauteur, mais ses parois lisses et verticales font contraste avec les pentes douces et accueillantes qui attirent au Mérinos les cordées où s’essaient les débutants.
L’allure redressée et inaccessible du «  Frère Siamois » fit qu’il resta longtemps  vierge de toute tentative et même de tout nom. Qui  donc l’eût nommé, quand personne n’y pensait ? Mais vint le jour où, dans les rochers belges, toutes les voies qui paraissaient appeler les grimpeurs furent gravies. Il fallait trouver du neuf et les regards  se tournèrent  vers des rochers réputés jusqu’alors impossibles
Durant l’été 1935, Henri Delwart et Marcel Liénart songèrent au « Frère Siamois », toujours non baptisé, du Mérinos.
Un jour, ils se mirent à vivre  leur songe et attaquèrent le rocher légèrement à gauche de l’arête formée par la rencontre de ses deux grandes parois. Après avoir détaché beaucoup de blocs instables et planté quelques pitons, ils parvinrent vers trente mètres de haut  à une confortable plate-forme. Au dessus de celle-ci, les grandes difficultés paraissaient commencer. Deux voies semblaient possibles : soit s’élever à gauche de la plate-forme, soit rejoindre l’arête par un passage  à droite en mauvais rocher feuilleté.

Après de longues discussions, après une tentative vers la gauche qui se révéla sans intérêt, il fut décidé de rallier l’arête. Une voie merveilleusement aérienne, conquise en plusieurs journées d’escalade, amena les grimpeurs au pieds  d’une dalle haute d’une dizaine de mètres. Sa surface, parfaitement lisse, n’était brisée que par une mince fissure légèrement oblique. Devant un tel passage, le premier mouvement fut de dire « impossible ». Mais la vue du sommet proche excita l’imagination et l’audace des grimpeurs. Cette audace n’alla  pas jusqu’à tenter d’emblée la fissure sans assurance venant d’en haut.
Delwart et Liénart convièrent  leurs amis à venir regarder et essayer le passage. Après plusieurs tentatives  et beaucoup de5ANES001.png « pendules », la technique  d’escalade de la dalle, acrobatique opposition des pieds et des mains  dans la fissure, parue établie.  Celle-ci fût réussie le 15 septembre 1935 par une cordée de cinq grimpeurs conduits par Henri Delwart.
Excès d’orgueil ou de modestie, les grimpeurs arrivés au sommet se jugèrent aussi fou que les « Quatre Anes » de la Dent Blanche : l’arête des « Cinq Anes » fut baptisée  et donna bientôt son nom  à tout le rocher dont elle fait partie.
Ouverte depuis trois ans, gravie des dizaines de fois, l’Arête des « Cinq Anes » chaque fois nouvelle, n’a rien perdu de son attrait. Sa fissure terminale, qui semble accueillante un jour et rebelle le lendemain, qui se refuse à la brutalité mais succombe à la caresse de gestes plus adroits, est la plus « féminine » des escalades belges. Farouche, elle ne s’est laissée conquérir que par une douzaine de grimpeurs, dont trois ou quatre premiers de cordée.
L’attrait de cette voie fit que, pendant deux ans, personne ne voulu dresser une rivale à ses côtés. Mais un jour, cette période de fidélité prit fin. A droite de l’arête, la paroi est sillonnée de minces fissures verticales, dont la mieux marquée est continue de la base au sommet. Charles de la Vallée, regardant  cette dernière, dit un jour à un ami : « Au fond, il suffirait sans s’arrêter, de grimper toute la fissure en opposition. Il n’y a que le culot qui manque ».
C’est ainsi qu’en une phrase le problème fut théoriquement résolu et la fissure baptisée.
Un jour du printemps 1938, le culot ne manqua plus et deux chutes, sans gravité, vinrent à point pour le tempérer. Après quelques séances de nettoyage et de pitonnage, Charles de la Vallée, passant de la théorie à la pratique, escalada la fissure du « Culot qui manque » en tête de cordée.
Entre l’arête des « Cinq Anes » et le « Culot qui manque », dans le fond d’un dièdre, une fissure restait tapie. Sa partie inférieure se laissa vaincre sans difficulté. Une traversée oblique, à partir  du sommet du « Culot qui manque » permit d’en rejoindre facilement la partie supérieure. Restait au centre un surplomb. Philippe de Liedekerke le vainquit un jour. Une troisième voie était ouverte dans le rocher des « Cinq Anes ». Elle reçut de son premier vainqueur le nom de « fissure Pino Prati ».        

Frédéric de Selliers CAB            

 LES CINQ ANES  L1: 4c, L2: 4c, L3: 6a+
 1935 / H. Delwart [et 4 compagnons] 65 m.
Sortie: (facultative) par La  Traversée Bourgeois (4a).
  5ANES004.png

Départ sur un éperon arrondi, à gauche de l'arête. S'élever plus au moins directement avant d'obliquer à gauche pour rejoindre une cheminée caractéristique que l'on gravit jusqu'à une belle plate-forme, R1. À droite du relais, gravir une cheminée noire, traverser à droite, contourner l'arête (aérien) et s'élever tout droit jusqu'à une confortable terrasse, R2. À droite du fil de l'arête, remonter une belle fissure exposée (fissure des Cinq Ânes). Des coinceurs moyens peuvent conforter un moral vacillant.
Du R2, la sortie habituelle de la voie se fait par la Traversée Bourgeois, d'un niveau plus homogène avec les 2 premières longueurs.

(voie No 5)

http://www.atoi.nl/public/freyr/rochers.htm