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Le Jardinet corrigé

La chronique de Dave

 Nous, les Namurois, étions assis autour de la table en dessous des rochers… Une fois de plus, je m’énervais voyant le grabuge sur les rochers… Je pestais contre ceux qui avait juré de ne jamais s’associer avec un club « tricolore » et qui nous narguaient depuis tant d’années… Tu n’exagères pas un peu, Eddy ? On dirait que c’est ton jardin ! Bien oui, quand j’étais jeune, le passeur d’eau à Dave, faisant glisser sa barquette le long de l’île, nous avait même raconté une légende concernant « notre » jardinet … nos rochers du Néviau. Il avait même été interrompu plusieurs fois par les cloches de l’église de Dave. Bons joueurs, nous avions appelé la voie que nous avions ouverte ce jour-là « l’Angélus », à son souvenir. Aujourd’hui, « ils » l’ont retracée, l’ont truffée de broches et de prises taillées… ça s’appelle maintenant « l’Ange »… Mais j’étais loin de m’attendre à retrouver cette légende parue dans le «Journal de Bruxelles» du samedi 10 septembre 1892. Je vous l’offre pour la nouvelle année.


Laissons la parole à Jean de Wasseige :

« Il s’agit d’un conte écrit par mon arrière grand-tante, Mlle Hélène Wasseige.

A-t-il été inventé par elle, ou comme elle le prétend, tiré d'une vieille légende villageoise, je ne sais ? Toujours est-il que ce petit conte sans prétention est joliment raconté et garde encore tout un parfum du romantisme cher au XIXe siècle. Ma tante Hélène avait adressé ce conte au « Journal de Bruxelles » en 1892 dans le cadre d'un concours que ce quotidien organisait pour ses lecteurs. Il fut primé et publié en première page. »

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La Sage (Suisse) février 2008

Lasage 2008 - Blaisec

Le mail tant attendu de Christian est enfin arrivé: météo ok, nous partons trois jours dans le Val D'Hérens.

 Rendez-vous samedi 9 h sur la place Des Haudères.

Grande concertation: où ? exposition ? qualité de la neige? difficulté ? dénivelé ?

Yves nous a fait faux bond pour une histoire d'épaule. Christian assure la suppléance secondé par Marc et Didier. Nous, les femmes, écoutons sagement. L'objectif de ce jour sera La Palanche de la Cretta -2926m- soit un bon mille mètres de dénivelé.

Départ sur un chemin presque carrossable puis très vite nous sommes dans les alpages. La neige est bonne, le soleil nous chauffe (peut-être même un peu trop !). Un premier arrêt à côté d'un chalet nous permet de découvrir et d'admirer un paysage qui s'ouvrira encore plus haut au fur et à mesure de la montée: Veisivi, l'aiguille de la Tsa, le mont Collon, la Dent Blanche, la couronne de Bréona...

La montée reprend, lente, régulière. Quelques rares personnes nous dépassent.

Le silence de la montagne... seulement rythmé par le glissement des skis sur la neige, le claquement des fixations à chaque pas.

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Chronique d'une journée pas comme les autres

le PIZZ ROTONDO en ski-alpinisme

6h15 : « bip-bip ».

le PIZZ ROTONDO en ski-alpinisme

Nuit correcte dans ce sympathique refuge Rotondo situé à 2571 m d'altitude quelque part au-dessus de Réalp dans les Alpes suisses. Depuis plusieurs jours, nous « skions » la montagne mais cette journée m'apparaît comme l'apothéose de la semaine. Hier soir, le gardien nous a encouragés dans notre projet: belle course mais assez difficile, pas de trace, elle se termine par 200 m de couloir à 45 degrés.

Copieux petit déjeuner, achever les sacs, s'équiper... J'apprécie ces départs au petit matin, cette ambiance particulière que seuls ceux qui courent la montagne connaissent. Baudrier, peaux, vérification des ARVA et nous quittons le refuge endormi mais avec les encouragements de Benoît et Dominique.

Le jour se lève, un petit quartier de lune, les dernières étoiles disparaissent, les frontales ne sont pas nécessaires. Les peaux crissent sur la neige, les fixations claquent à chaque pas... Nous n'entendons rien... que notre souffle, notre coeur qui doucement trouve son rythme sur ce départ en faux plat. La pente se redresse, quelques conversions, nous progressons en silence jusqu'au col Witenwasserenpass où les premières lueurs du jour apparaissent. D'abord, le rose timide puis l'orange feu sur les parois rocheuses, des milliers de brillants dans la neige. Moment éphémère mais quelle merveille, je ne m'en lasserai jamais, la montagne dans toute sa splendeur, sa générosité.

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Tête Blanche

Ma seconde activité est une sortie familiale sur glacier avec mon épouse, mon fils et ma fille.  Ayant connu moi-même le plaisir de la haute montagne à l’adolescence, je souhaitais également leur faire partager et leur faire découvrir cet environnement hors du commun. 

J’en avais déjà parlé avec Jacques l’année dernière, mais les conditions n’étaient pas suffisamment bonnes que pour le faire.

Quoi qu’il en soit, cette année était la bonne.  Notre destination « La Tête Blanche » dans le Massif du Mont Blanc avec une nuit au Refuge Albert 1er ».

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La Verte

La VerteCette année-là, j’avais déjà fait plusieurs fois le Mont Blanc et puis Michel Fagot m’avait demandé d’accompagner une cordée de l’organisation voisine dans la face Nord du Chardonnet. Je les avais suivis en « solo » profitant de leur trace. Allégé d’une corde de rappel et du matériel, c’était la liberté totale. Une épaisse croûte de neige couvrait la glace. Je n’avais qu’à suivre tranquillement dans les énormes marches, contemplant « LA VERTE », montagne mythique sur ma droite. Et puis il y avait les cours de neige et de glace organisés avec Jean- Michel Escremi m’emmenant au sommet de la Petite Verte. Assis au sommet, la vue sur la face Nord y est superbe. Il y a l’arête des Grands Montets, presque inaccessible, barricadée par des immenses tours qu’il faut contourner, escalader, descendre pour retrouver des fines lames d’arêtes qui mènent à d’autres tours de plus en plus inaccessibles, le genre de course de haute montagne où la retraite est impossible, seulement accessible à des alpinistes d’envergure où le second doit être aussi fort que le premier. J’avais toujours envisagé d’y aller avec Bernard Gysen. Le destin en a décidé autrement.

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Les cinq ânes

Le « mérinos », dernier vers l’aval des rochers de Freyr,  domine la Meuse en face du château. Contre lui, tel un 5ANES002.png frère Siamois, s’applique un autre rocher qui l’égale en hauteur, mais ses parois lisses et verticales font contraste avec les pentes douces et accueillantes qui attirent au Mérinos les cordées où s’essaient les débutants.
L’allure redressée et inaccessible du «  Frère Siamois » fit qu’il resta longtemps  vierge de toute tentative et même de tout nom. Qui  donc l’eût nommé, quand personne n’y pensait ? Mais vint le jour où, dans les rochers belges, toutes les voies qui paraissaient appeler les grimpeurs furent gravies. Il fallait trouver du neuf et les regards  se tournèrent  vers des rochers réputés jusqu’alors impossibles
Durant l’été 1935, Henri Delwart et Marcel Liénart songèrent au « Frère Siamois », toujours non baptisé, du Mérinos.
Un jour, ils se mirent à vivre  leur songe et attaquèrent le rocher légèrement à gauche de l’arête formée par la rencontre de ses deux grandes parois. Après avoir détaché beaucoup de blocs instables et planté quelques pitons, ils parvinrent vers trente mètres de haut  à une confortable plate-forme. Au dessus de celle-ci, les grandes difficultés paraissaient commencer. Deux voies semblaient possibles : soit s’élever à gauche de la plate-forme, soit rejoindre l’arête par un passage  à droite en mauvais rocher feuilleté.

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